Plan de la famille au complet dans la fin d'Oak Street

Réalisé par David Robert Mitchell, La fin d’Oak Street est un film qui fait coexister des humains avec des dinosaures loin des sentiers battus de Jurassic Park : est-ce une réussite ?

Initialement prévu pour une sortie en mai 2025, La fin d’Oak Street vient tout juste de sortir (en août 2026) ! Les producteurs avaient jugé à l’époque que la sortie (trop) proche de Jurassic World Renaissance aurait pu être un blocage pour les spectateurs qui n’iraient pas voir deux films de dinosaures à un mois d’écart…

Avec David Robert Mitchell (It follows (2014)) derrière la caméra, JJ Abrams à la production et un casting composé d’Anne Hathaway et Ewan McGregor : ce film de science-fiction a tout pour plaire, mais est-ce que cet assemblage de talent débouche sur un film réussi ?

Une épopée familiale

La fin d’Oak Street raconte l’histoire d’une famille américaine où Anne Hathaway et Ewan McGregor sont les parents de deux adolescents (un garçon et une fille). Un jour, leur quartier tout entier est téléporté à l’ère du Jurassique : comment ? Pourquoi ? C’est ce qui est à découvrir tout au long du métrage entre deux attaques de dinosaures !

Sur le papier, l’idée est amusante et dans les faits, David Robert Mitchell parvient à en faire un très bon divertissement ! Non loin de Spielberg dans son écriture, La fin d’Oak Street présente une famille lambda, très archétypale pour se concentrer sur le spectacle. En dehors de quelques scènes d’intimité familiale, les parents et les enfants ne sont pas beaucoup développés et servent surtout à lier les scènes d’action entre elles (cf les choix stupides de l’enfant tout au long du film)…

Est-ce grave ? Non ! Car cela donne lieu à d’excellentes scènes d’action et aussi parce que David Robert Mitchell a su trouver quelques astuces à la réalisation pour faire passer des idées exclusivement par le visuel.

On peut notamment noter la scène où après la téléportation de leur quartier dans une autre époque, le réalisateur s’amuse à multiplier les cadres avec des doubles focales. L’objectif est de pouvoir avoir deux personnages nets à l’image alors qu’ils sont sur deux échelles de plan différentes. Ainsi, les membres de la famille sont toujours unis par la netteté mais séparés par du flou, comme ils le sont dans l’histoire : une famille unie mais en plein flou concernant leur survie.

Un VRAI bon film de dino

Mais le plus important pour ce film est bien évidemment la qualité des scènes avec les dinosaures et sur ce plan : c’est une grande réussite ! Visuellement, les dinosaures sont très réussis et David Robert Mitchell propose un bestiaire novateur notamment avec un gros serpent blanchâtre.

On retrouve également la patte du réalisateur d’It follows à certains moments, notamment dans des séquences de traques ou lorsque des dinosaures se tapissent dans l’ombre (ou le silence) pour surprendre leurs proies. La tension est maitrisée de bout en bout et le metteur en scène tire le maximum de ses 1h39 ! Une fois que l’action est lancée, le film met le pied sur l’accélérateur et ne le relâche qu’à la toute fin.

Dans ce travail du rythme, il faut également souligner les excellentes performances d’Ewan McGregor et d’Anne Hathaway qui – comme dit plus haut – n’ont pas beaucoup d’éléments de personnalité pour leurs personnages, mais qui par leur jeu parviennent tout de même à les rendre attachants.

La scène du saut dans la fin d'oak street
Copyright Warner Bros. Pictures Film La fin d’Oak Street

Jurassic Couac…

Enfin, si La Fin d’Oak Street a des qualités évidentes, il ne faut pas oublier qu’il possède aussi des défauts qui le sont tout autant… Nous le mentionnions plus haut, mais l’adolescent de la famille -interprété par Christian Convery – fait des choix parfaitement stupides et on sent très facilement les grosses ficelles scénaristiques pour justifier une scène d’action derrière…

Certaines scènes semblent complètement forcées et viennent s’ajouter aux dinosaures sans que l’on sache trop pourquoi… (cf le bully de Brian, par exemple). Et surtout la fin… qui ne sera pas spoilée ici, mais qui laisse un goût très amer, car elle se situe pile entre le Happy ending qu’a dû exiger le studio et la fin aigre d’un auteur… En effet, l’un des personnages effectue une action à la fin du film pour « tout solutionner » et sur le papier, de loin, ça marche… mais dès qu’on y réfléchit vraiment c’est extrêmement perturbant et la morale du film devient un peu bizarre…

On peut également souligner les quelques rares plans de jungle jurassique qui sont très laids et sentent un peu l’IA…

La fin de la rue dans la fin d'Oak Street
Copyright Warner Bros. Pictures Film La fin d’Oak Street

La fin d’Oak Street est un très bon divertissement grand public et qui n’a pas à rougir devant les Jurassic Park dans la concurrence de films de dino ! David Robert Mitchell exploite à merveille sa caisse de jouets, mais plombe parfois son film de quelques lourdeurs évitables.