
Dumbo remporte la palme d’or en 1947. Enfin, pas exactement, car l’appellation du prestigieux prix cannois s’est révélée en 1955 récompensant le film Marty. Le film d’animation ayant comme protagoniste un éléphanteau est plus réellement lauréat du Grand Prix du dessin animé à Cannes.
UNE MADELEINE DE PROUST
À l’aube de l’entrée en guerre des Américains durant la Seconde Guerre mondiale, Disney nous délivre un film d’animation plein de tendresse, mettant en scène des animaux de cirque, exploités par l’image antagoniste et inhumaine des hommes. D’ailleurs, ces derniers pour montrer leur inhumanité, sont souvent montrés à l’intérieur d’une tente, représentés par des ombres. En effet, les différents animaux seront les possessions de ce cirque, contrastant avec la légèreté avec laquelle les cigognes viennent livrer les nourrissons à leur famille. Un moment de bonheur qui n’a pas été comblé par cette maman éléphant. Mais, comme Dumbo n’est pas n’importe quel nouveau-né, il ne va pas arriver sur le sol comme tout le monde. Il va ensuite faire découvrir sa différence : ses grandes oreilles, faisant l’objet de harcèlement auprès des autres éléphants, reniant sa nature en raison de sa différence. Il va alors être humilié en devenant le clown du cirque faisant partie d’un numéro visant à le ridiculiser.
Pour couronner le tout, des jeunes viennent harceler à leur tour Dumbo, provoquant la colère plus que justifiée de sa mère, injustement punie par ceux qui l’oppressent : les hommes. De là, les notes de la meilleure chanson du film « Mon tout petit » résonnent, provoquant notre nostalgie, tout en retrouvant la tendresse du film. Une musique qui a valu d’ailleurs l’Oscar de la Meilleure partition pour un film musical en 1942.
Lors de son développement, Dumbo rencontre tout comme Pinocchio sorti l’année passée son Jiminy Cricket ou son Mushu dans le chef-d’œuvre de Disney : Mulan (1998), chuchotant à l’oreille pour pouvoir aider le personnage principal, en le protégeant pour l’aider lors de son ascension. Timothy, porteur de la morale du métrage, est le petit compagnon made in Disney. Une souris qui va permettre à Dumbo de lui faire prendre confiance, en lui faisant prendre conscience que sa particularité physique est une force, car elle lui permet de s’envoler, tel un superhéros venant faire taire tous ses détracteurs.

Sans oublier la longue séquence clipesque ornée d’éléphants roses qui met en scène la perception de Dumbo alcoolisé accidentellement. Le métrage s’embarque dans un spectacle esthétique imaginaire entre dérangent, coloré et inventif.
Comme énoncé précédemment, Dumbo est une source de nostalgie réconfortante, sorti dans un contexte historique traumatisant la planète. Il reste, plus de 80 ans après sa sortie un souvenir d’innombrables enfances à travers les décennies préservant son charme « vintage » des années 40.




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