
–Spoilers–
Les Matins merveilleux débute sur le décès de la grand-mère du personnage principal : Charlie, interprété par India Hair. S’ensuit alors une livraison de plusieurs vinyles à la demande de la défunte qui va alors permettre à Charlie de changer sa vie, en raison des surprises de la vie. Mais est-ce une coïncidence ou une rencontre préméditée de la grand-mère ? Le film ne le révélera pas, même s’il émet brièvement cette théorie.
RESSENTIR LES SOUVENIRS OUBLIÉS
Charlie effectue son deuil d’une manière pudique, se consolant silencieusement en écoutant les messages vocaux téléphonique enregistrés de sa grand-mère. C’est d’ailleurs les souvenirs oubliés de son passé qui l’émeuvent davantage que le décès de sa grand-mère qu’elle gère différemment, logique car elle l’a connue toute sa vie, contrairement à sa mère emportée par la maladie ainsi que son père inconnu. Une fois arrivé chez Titou (Eric Cantona), Charlie découvre une vidéo de sa mère dansant lors d’une soirée dans les années 90. Elle va alors la contempler, fascinée par la résurrection de sa mère. Elle va pouvoir mettre à jour l’image de cette dernière, l’enregistrant sur son téléphone, jusqu’à reprendre ses mouvements de danse issue, précisément venant du disco. Un effet de style la reflète sur l’écran de la télévision, unis dans le même cadre afin de les rassembler. Charlie veut ressentir ce qu’a vécu sa mère, que ce soit par cette chorégraphie improvisée ou la prise de substances illicites. De plus, elle va apprendre à danser le disco aux côtés d’Eric Cantona, se la jouant John Travolta. La découverte de Marina (Raya Martigny), personnage central, va alors aider Charlie à arrêter de lutter contre soi-même, en commençant par observer sa façon de marcher qui en dit long sur la situation du protagoniste.
UN MESSAGE AUSSI DISCRET QU’ENGAGÉ
La réalisatrice Avril Besson met en lumière la communauté LGBTQIA+ de manière forte, réfléchie à travers une forme de discrétion progressiste. En effet, une seule séquence dénonce la transphobie sur la transition du personnage, permettant d’éviter d’amener l’engagement de manière maladroite ou forcée. Ce qui permet de rendre cette situation normale, sans avoir besoin d’en parler, de se justifier. En effet, même Marina ne souhaite pas rentrer dans ce conflit, elle veut seulement ne pas y prêter attention afin de vivre de la même manière qu’Avril Besson développe son récit en normalisant cette situation qui est malheureusement encore mal vue par certains.
Charlie, une femme pudique et introvertie, accompagne son deuil également de manière discrète. Elle apprend de nombreuses choses, comme ne pas s’obliger à pleurer pour un défunt ni de s’interdire à rigoler afin d’exprimer sa souffrance. Le film va intelligemment aller à l’encontre des conformités sociétales. Il permet de faire prendre conscience des différences de chacun, par les manières d’exprimer ses émotions, la mise en lumière des diverses orientations sexuelles et les transitions de genres. C’est donc à partir de ce lâcher-prise que Charlie va profiter d’une vie meilleure en décidant d’entreprendre ce voyage permettant de prendre du recul en s’éloignant de sa vie d’origine. De plus, cela permet d’avoir un nouveau environnement et donc découvrir de nouvelles personnes, tout en se découvrant elle-même afin de pouvoir s’accomplir.
Les Matins merveilleux est un bon film authentique et efficace par sa simplicité, mais puissant par ce qu’il raconte !





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