War Machine paraît être un métrage peu subtil, très américain et nous proposant un divertissement bourrin, et en réalité, c’est plutôt le cas. Néanmoins cela n’en fait pas un mauvais film, au contraire le métrage de Patrick Hughes (qui est loin d’être à son coup d’essai dans le cinéma d’action) va finalement livrer une bonne copie.

Spoilers

WAR MACHINE(S)

Tout d’abord, l’introduction va poser le cadre dans lequel va évoluer le personnage principal : 81, sous les traits d’Alan Ritchson, qui est notamment le protagoniste de la série Reacher (2012-). Son physique impressionnant va alors être impacté psychologiquement par une attaque qui a eu lieu lors d’une opération tuant son frère (Jai Courtney) ainsi que son équipe. Un traumatisme qui va alors le suivre tout le long du métrage, jonglant entre les plans de cet événement dramatique et le récit de l’intrigue, de sorte à rendre le traumatisme encore frais dans la tête de 81, deux après la mort de son frère.

Son objectif va alors être de préserver l’atteinte de l’accomplissement qu’il voulait réaliser avec son frère : devenir un Ranger. Pour cela, il va devoir passer toutes les épreuves, comme les autres candidats, mettant alors son corps à rude épreuve. L’effectif s’affine peu à peu, devant se séparer de ceux qui ne sont pas à la hauteur de leurs ambitions.

81 excelle dans son coin, peu éloquent, n’ayant comme moteur que l’obsession de franchir la ligne d’arrivée. Cependant, le fait d’agir seul ne rentre pas dans la mentalité de travailler dans une équipe et encore moins avec les Rangers. Les derniers sélectionnés vont devoir surmonter « la marche de la mort » et vont être lâchés dans un terrain vaste, en plein milieu de la nature, pour pouvoir accomplir cette dernière mission. C’est alors qu’une menace inattendue va faire surface accueillant la science-fiction qui vient collaborer avec l’action. En effet, un robot destructeur extraterrestre va traquer ces soldats. Ces derniers vont devoir survivre et pour cela, ils devront travailler en équipe. Le film nous montre à plusieurs reprises que l’entraide sera bénéfique, comme l’aide apportée à 7 suspendu sur une tyrolienne au-dessus des rapides mortelles causés par la puissance des courants ou réussir à dégager un véhicule blindé. Et à l’inverse agir seul, comme un héros mène à la perte de l’individu. Oui, il y a alors dans ce propos une contradiction (pour ne pas dire une incohérence scénaristique), car c’est tout de même bien 81 qui détruit la machine meurtrière, seul.

La cohésion d’équipe va alors prendre tout son sens lors de son dénouement et cette fin ouverte sur cette menace extraterrestre couvrant le monde de ces monstres robotiques. 81 qui va alors devenir Ranger, rendant hommage alors à son frère va rejoindre cette guerre pour protéger l’humanité. Je vous l’avais dit, ce film est très américain.

Copyright Netflix Stars Alan Ritchson Film War Machine

Cependant, War Machine est un bon film. La machine de guerre n’est pas seulement ce prédateur extraterrestre, car 81 l’est aussi. De par ses compétences physiques et stratégiques ainsi que par son efficacité à venir à bout de celui qui le traque. Ce qui révèle une influence du film Predator (1987).

Enfin, cette comparaison de 81 avec la machine permet d’émettre la métaphore sur l’épuisement du protagoniste d’un côté et le point faible de l’antagoniste de l’autre représentée par cette phrase : « toutes les machines ont leurs limites ».