Le maître du huis clos : Sidney Lumet revient avec un nouveau récit autour du cloisonnement avec cette fois non pas Henry Fonda pour porter le métrage, mais un autre grand acteur : Al Pacino. Un film qui a été récompensé par l’Oscar du meilleur scénario original, mais la gestion du thriller à l’intérieur de ce semi-huis clos sera ce que l’on attendra le plus, surtout après 12 Hommes en colère qui plaçait déjà la barre au sommet.

Pour planter le décor, il est peut-être préférable de dire qu’Un après-midi de chien est loin d’atteindre le niveau du huis clos judiciaire, même si le métrage sorti en 1975 reste tout de même un bon film.

Spoilers

UNE EMPATHIE ENVERS DES BRAQUEURS

Le braquage de Sonny (Al Pacino) et Sal (John Cazale) est beaucoup moins organisé que la multitude d’opérations de ce genre effectuées au cinéma. En effet, ils ont également beaucoup moins d’assurance que, par exemple, les clowns masqués issus de The Dark Knight (2008), en matière d’efficacité ainsi que de rapidité. Dans ce métrage, la tentative de braquage ratée amène à une prise d’otages qui va durer tout au long du film. Le duo (anciennement trio) armé procède à visage découvert, ne sachant comment s’organiser, perdant même pour certains leur calme. Ces braqueurs, vraisemblablement amateurs, vont assiéger des innocents avant de se faire eux-mêmes assiéger par les forces de l’ordre. Une situation qui met tous ces personnages à la merci des autres. De là, le huis clos commence réellement.

Sonny prend le lead de l’opération tandis que Sal est beaucoup plus discret et instable. Néanmoins, leur empathie va tout d’abord résulter de leur manière chaleureuse de traiter leurs otages. Tout comme dans 12 hommes en colère, Sidney Lumet ne cherche pas à détruire le supposé coupable. Dans Un après-midi de chien, il ne va pas réduire ces criminels à leurs actes, même si le cinéaste va logiquement les punir pour ce qu’ils ont fait.

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UN PARIA METTANT LA LUMIÈRE SUR LES MINORITÉS

Cette histoire réelle prenant place en 1972 permet de mettre en lumière une facette inattendue. En effet, le mouvement social LGBTQ+ commence à se structurer en vue de mener des actions militantes durant les années 70. L’objectif est de faire valoir les droits de ses membres ainsi que de ceux concernés par le combat mené par ces derniers. Sonny va être développé à travers ses proches, comme la découverte de sa vie amoureuse concernant ce groupe progressiste naissant. Il sera bien plus qu’un showman tenant les policiers à distance de l’entrée de la banque, car il va devenir, malgré ses actions criminelles, un symbole de l’évolution des mentalités mis sous les feux des projecteurs.

Un après-midi de chien est donc un bon film mettant en scène un bras de fer entre Sonny et le négociateur interprété par Charles Durning. Un thriller entre huis clos et séquences à l’extérieur (pour emprunter le point de vue des forces de l’ordre) nous tenant efficacement jusqu’à son dénouement final.