
La première fois que l’on voit Stanley Ipkiss dans The Mask, c’est via sa main dans un tiroir avec comme élément clé : un magazine des Looney Tunes. Ce foreshadowing va révéler la personnalité du film ainsi que du personnage loufoque et excentrique haut en couleurs incarné par le grand Jim Carrey possédé par un masque issu de la mythologie nordique.
En effet, Jim Carrey, après Ace Ventura sorti la même année que The Mask en 1994, est le choix parfait pour endosser ce rôle à la teinte verdâtre que tout le monde ne peut pas porter et encore moins jouer.

–Spoilers–
PRENDRE CONFIANCE GRACE À L’ANIMATION
Stanley Ipkiss travaille dans une banque. C’est un citoyen « lambda » se faisant marcher dessus par son patron, ayant des galères d’automobile, se faisant fortement réprimander comme un enfant par sa voisine et qui, même en ayant des opportunités comme pouvoir rentrer dans une soirée sélecte, se voit virer comme un malpropre devant rentrer dans une voiture qui s’apparente plutôt à un tas de ferraille sous les yeux de Tina (Cameron Diaz) jouant de son pouvoir de séduction pour garder son rôle de manipulation entrepris par l’antagoniste : Dorian (Peter Greene). Car, en effet, avant de voir ce showman à la veste jaune, le film mettra tout d’abord en scène l’arrivée dans la banque de Tina, qui est construite de sorte à iconiser son charme et sa beauté en robe rouge s’apparentant à Jessica Rabbit, qui s’avère être la référence principale de The Mask : Qui veut la peau de Roger Rabbit ? (1988) par Robert Zemeckis.
Le cartoon est donc l’influence de ce métrage, avec Stanley, passionné de dessins animés, de bandes dessinées (au point d’appeler son chien Milo, faisant référence au chien de Tintin : Milou), se servant des expressions, bruitages et gestes disproportionnés pour pouvoir provoquer le rire. Cette passion qui semble contribuer à l’écriture de sa non-réussite, de par sa connotation immature, va ironiquement lui permettre de devenir certes un criminel clownesque, mais aussi en quelque sorte un super-héros. Une manière de rendre donc Stanley Ipkiss important, utile, en devenant lui-même un cartoon et qui devra à travers le masque se rendre compte qu’en réalité l’objet permet, tout comme pour ce type de dessin animé : l’extrapolation.
Une transformation qui est donc en corrélation avec ce que réussit à faire Jim Carrey avec ses personnages comiques, que ce soit pour le cinéma ou sur scène avec ses mythiques imitations de Clint Eastwood ou de Jack Nicholson qui va métamorphoser son visage pour pouvoir provoquer tout comme The Mask : le rire.

La première fois que j’ai vu ce film (enfance/adolescence), je pensais que les expressions de ce personnage au visage vert étaient de l’animation 3D. Alors, certes il y en a, bien évidemment, comme l’apparition d’une tête de loup, son cœur sortant de sa poitrine ou la liasse de bâtons de dynamite qu’il gobe, mais la majeure partie des expressions du Mask provient du talent d’expression faciale de Jim Carrey.
Alors, n’excusons tout de même pas ce qui semble sans doute banalisé à l’époque, comme l’absence de consentement du personnage à l’égard des femmes et qui en 2026 amoindrit l’aura (à mon sens) du personnage principal de The Mask, malgré son caractère showman et héroïque. D’ailleurs, le traitement du personnage féminin de Cameron Diaz est simplement centré sur son physique, ce qui ne porte pas également le traitement de la femme à son apogée…
The Mask n’est peut-être pas le meilleur film de Jim Carrey, mais il est son plus culte, là où Truman Show (1998) est son plus populaire et Eternal Sunshine of the Spotless Mind (2004) est son meilleur.




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