
The Drama est la comédie dramatique de ce début d’année 2026 ! Avec Zendaya et Robert Pattinson au casting, ce film possède de très bons arguments marketing : mais y a-t-il plus à se mettre sous la dent ?
Le studio A24 s’est créé une véritable image de marque au fil des ans. Derrière de très nombreux films d’auteurs salués par la critique comme Moonlight (2016) (Oscar du meilleur film), Midsommar (2019), The Green Knight (2021), Past Lives (2023) ou encore Everything Everywhere all at once (2022) et à une époque où les grands studios historiques produisent de plus en plus de films mainstream (ou ferment : adieu la Warner), A24 mise tout sur l’indépendance, la liberté créative et les jeunes réalisateur.ices. Ainsi, le studio a fait émerger des nouveaux du cinéma moderne comme Céline Song (Past Lives, Materialists (2025)), Benny Safdie (Smashing Machine (2025)) ou Ari Aster (Midsommar, Eddington (2025)) qui est également à la production de The Drama !
A24 est aujourd’hui à un tournant de son histoire, peut proposer des plus gros budgets à ses auteurs et surtout s’offrir de plus gros castings. L’année dernière Chris Evans et Pedro Pascal étaient les têtes d’affiches derrière The Materialists et cette année, ce sont Zendaya et Robert Pattinson qui se partagent l’écran dans The Drama : le 3ème film de Kristoffer Borgli.
Alors The Drama est-il un nouveau succès pour A24 ou n’est-il qu’un film commercial ?
Une gêne palpable
The Drama met en scène un jeune couple Emma (Zendaya) et Charlie (Robert Pattinson) qui vont bientôt se marier. Au cours d’une soirée avec un couple d’amis, ils échangent le pire acte qu’ils aient fait au cours de leur vie et lorsqu’Emma révèle le sien : tout le monde est choqué.
La révélation arrive assez tôt dans le film, ce qui permettra à Kristoffer Borgli d’étudier et questionner l’après : comment vit-on en sachant les horribles actes passés de son/sa futur.e conjoint.e ? Est-ce que l’on peut tout mettre sur le dos du passé ? Peut-on tout pardonner ?
Grâce à ces nombreux questionnements qui parcourent le film en toile de fond, le réalisateur transforme des scènes du quotidien en véritables moments de gênes qui culmineront le jour du mariage dans un discours…
Le ton est parfaitement maitrisé de bout en bout et on retrouve par moment les mêmes sensations de gênes intenses propres aux univers de Benny Safdie (Uncut Gems (2019), The Curse (2023)) : un très très bon point.

Une mise en scène intelligente
Sans grande surprise Kristoffer Borgli multiplie les gros plans sur ses personnages : un choix logique tant ce cadrage permet de mettre en avant les émotions et le travaille de ses acteurs. Des acteurs qui sont d’ailleurs excellents durant tout le film et jonglent parfaitement entre les moments de douceurs et de tristesses avec subtilité sans jamais basculer dans le surjeu, et ce, que ce soit pour Zendaya et Robert Pattinson mais aussi pour tous les rôles secondaires qui gravitent autour d’eux : Alana Haim en tête de liste.
La qualité du montage est également à souligner, car le « drama » s’étant déroulé dans l’enfance d’Emma, le montage alternera sans cesse entre le passé, le présent, le futur supposé, les craintes fantasmées de Charlie et s’amusera parfois à les entremêler pour brouiller la frontière entre chaque temporalité ou perception de réalité.
Grâce à ce stratagème, le spectateur est au cœur de la psyché des personnages, ce qui renforce l’attachement pour eux et par conséquent augmente la gêne ressentie au cours du film.

Si l’on peut reprocher une bande son en retrait (malgré la présence de Daniel Pemberton), The Drama est un des très bons films de cette année et tape juste à chaque fois qu’il tente quelque chose. Sans proposer une grande révolution du genre, Kristoffer Borgli parvient tout de même à tirer le meilleur de ses acteurs et à offrir un film divertissant, gênant et drôle !




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