
The Bride ! est le deuxième film de Maggie Gyllenhaal à la réalisation. Coûtant environ 80 millions de dollars, ce film possède un très gros budget et une promo étonnamment faible : pourquoi ?
Après The lost daughter (2021), Maggie Gyllenhaal est de retour derrière la caméra. Pour ce faire, elle peut compter sur un casting 5 étoiles : Jessie Buckley (Hamnet), Christian Bale (The Dark Knight), Penelope Cruz (Volver), Jake Gyllenhaal (Prisoners) et Peter Sarsgaard (Jarhead).
En plus de cette dream team, Maggie Gyllenhaal se réapproprie et réinterprète le mythe de la fiancée de Frankenstein. Cette figure iconique du cinéma n’a en réalité jamais vraiment eu une œuvre à elle ! Même dans son film de 1935, La fiancée de Frankenstein n’est pas au cœur du récit. L’objectif est clair (et réussi) donner le premier rôle à la fiancée et placer la Femme au centre du récit.
Un récit 100% féministe
L’objectif de The Bride! est clair et limpide dès les premières minutes du film : mettre en avant des femmes fortes et dénoncer l’omniprésence du patriarcat dans la société.
Le film remet notamment en avant Mary Shelley, autrice originale de Frankenstein, dont l’œuvre est plus souvent remémorée par le film de James Whale. Cette dénonciation de l’invisibilisation des femmes se retrouve dans toutes les histoires des femmes du scénario, car :
- Ida/The Bride : est tuée parce qu’elle ne veut pas se taire face à la mafia.
- Myrna Mallow (Pénélope Cruz) : voit l’inspecteur lui voler la vedette sur toutes les scènes de crimes.
- Dr Euphronious : qui a aussi travaillé sur de la « revitalisation » a vu le succès du Dr Frankenstein s’accaparer toute la lumière.
Ce constat est renforcé par le fait que tous les hommes du film sont manipulateurs, faux, menteurs et/ou profiteurs. Si le film possède quelques scènes fortes (une scène de danse notamment et une demande en mariage) et innovantes (sans spoiler : le traitement de Frank), il n’en demeure pas moins extrêmement lourd ! Tout est surligné 20 fois, des scènes viennent redire ce que l’on a déjà vu et répéter le message du film en boucle…
C’est dommage, car Maggie Gyllenhaal parvient habilement à jongler entre les scènes de fuites à la Bonnie & Clyde, la romance et l’horreur pour que tout soit mis par terre avec des scènes trop insistantes…

Un film d’acteurs ?
Quelques semaines après la sortie d’Hamnet, Jessie Buckley vient confirmer son très grand talent dans The Bride! Son interprétation joue sur de nombreux registres et surtout sur des non-dits. Souvent, Maggie Gyllenhaal pose sa caméra proche du regard de la fiancée et juste par une vibration de paupière, une inclinaison de tête, on comprend toute l’ambiguïté des pensées qui la traversent.
Malheureusement, Jessie Buckley est un peu la seule à surnager dans The Bride! Jake Gyllenhaal a trop peu de scène pour être mentionné, Penelope Cruz et Peter Sarsgaard sont unidimensionnels, mais alors Christian Bale…
L’acteur oscille constamment entre le surjeu extrême et la finesse pure, a tel point qu’on retrouve parfois le Christian Bale d’American Psycho (et ce n’est pas un compliment).

Un film surchargé… au contraire des maquillages
En plus de raconter l’histoire de la fiancée, le film rend aussi hommage au cinéma des années 30, questionne l’accueil des gueules cassées de retour au pays, joue sur l’impact de l’autrice sur le destin d’un personnage : c’est trop !
Il y a trop de thèmes secondaires abordés qui arrivent n’importe quand dans le récit… Dans le pire des cas, on se demande ce que ça fait là et dans le meilleur on se dit : « C’est tout ?«
C’est dommage… Dommage comme le rendu des maquillages et coiffures. Certes, dans le film originel, la fiancée de Frankenstein n’avait pas des nécroses ou agrafes partout, mais rien n’empêchait d’en faire ici. Réveillée d’entre les morts, The Bride! n’a qu’une simple tâche d’encre sur la joue : c’est très léger et ce n’est rien par rapport à Frank…
Au début du film, le personnage arrive masqué (écharpe sur le visage et chapeau sur la tête). La docteure Euphronious lui demande alors d’enlever son chapeau laissant apparaitre 3-4 agrafes, puis elle lui demande de retirer son écharpe et lorsqu’il s’exécute, c’est Christian Bale. Une assistante sera même terrifiée par son visage alors qu’en dehors d’un nez cassé, il n’y a rien de bien effrayant dans ce visage… Même pas une croûte, un morceau de peau manquant : rien… Alors qu’il s’agit quasiment d’un zombie centenaire rafistolé avec des morceaux de cadavres récupérés dans des cercueils…

Mis bout à bout, tous ces éléments font de The Bride! un film balourd aux très bonnes intentions… et pour 80 millions de dollars, le crash à venir risque de faire mal à la carrière de sa réalisatrice qui parvenait tout de même à créer quelques très belles séquences (malheureusement trop rares). Cela dit, The Bride! n’est pas un mauvais film dans l’absolu, mais laisse un véritable arrière goût de déception et d’opportunité gâchée.




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