Un matin, James Cameron se réveille d’une nuit alors qu’il était malade, avec une scène qui retiendra dans son rêve (ou plutôt son cauchemar) : celle « d’un robot émergeant d’une mer de flammes ». Il va alors entrevoir le potentiel de ce qui lui a été proposé dans son sommeil en réalisant tout d’abord un court-métrage appelé Xenogenesis (1978) son premier film recensé qui va largement montré les prémices de ce que deviendra Terminator.

UN CLASSIQUE VISIONNAIRE ÉMERGEANT D’UN SUCCÈS

C’est avec $ 6 400 000 de budget que le film ramènera quasiment $ 80 000 000 au box-office mondial concrétisant un succès commercial et critiques par le propos visionnaire ainsi que par ses visuels en avance sur son temps. Ce qui est déjà une manière d’exposer l’ambition de Cameron pour créer ses œuvres, ne se limitant pas aux standards. Cela va d’ailleurs le suivre quarante ans plus tard à travers sa saga Avatar (2009-) qui a encore aujourd’hui un temps d’avance dans ce qui se fait sur le paysage des tendances hollywoodien.

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UN SLASHER SF

Arnold Schwarzenegger est le choix parfait pour incarner cette menace venue du futur. Pourtant, ce dernier était beaucoup plus intéressé par le rôle de Kyle Reese qui sera finalement endossé par Michael Biehn. Ce qui fait sens par rapport aux rôles de l’acteur autrichien ayant l’habitude de jouer des héros plutôt que des antagonistes, mais heureusement Cameron réussit à convaincre le bodybuilder pour jouer la créature mécanique futuriste. D’ailleurs, James va satisfaire la figure de proue de son œuvre dans Terminator 2 : Le Jugement Dernier (1991), permettant au T-800 de devenir ce héros que voulait devenir Arnold.

Si je vous dis que Terminator est un slasher, vous pensez pouvoir me croire ? Parce que je peux très bien comprendre que cet argument semble plutôt loufoque. Car le slasher provient d’une branche de l’épouvante-horreur régie par des classiques tels que Massacre à la tronçonneuse (1974), Halloween (1978), Scream (1996)… Pourtant cette créature faite de métal comporte plusieurs similitudes avec les mécaniques du genre :

  • Le Terminator est une créature. Ce monstre, une fois son enveloppe charnelle fondue, révèle sa réelle apparence. De plus, même s’il ne possède pas d’armes blanches, il aura néanmoins un outil pour pouvoir tuer à travers les armes à feu qui retire à l’armurerie en début de métrage.
  • Sa mission d’atteindre son objectif, de ne jamais s’arrêter avant d’avoir éliminé sa cible et elle aussi un attrait de base du slasher.
  • La sexualité est aussi présentée, causant la mort de Ginger (Bess Motta) et Matt (Rick Rossovich) n’entendent pas le téléphone sonner, prévenant du danger, occupés à leur ébats.
  • Enfin, le Terminator est invincible. Michael Myers se relève alors que l’on le pensait mort, Ghostface meurt certes à la fin des opus, mais il finit par revenir jusqu’au 7e volet. Si vous pensez que la presse hydraulique viendra à bout de Schwarzy, n’oubliez pas qu’He’ll be back à travers cette (trop) longue franchise, même s’il ne sera quasiment plus le chasseur.

Le T-800 profite de la silhouette impressionnante de Schwarzy pour pouvoir iconiser la menace. Un charisme avide d’âme procédant à la tel un bulldozer, que ce soit dans sa manière bien à lui de retourner dans un commissariat ou en conduisant un camion-citerne pour tuer Sarah Connor (Linda Hamilton).

Cette dernière est le personnage principal. Elle va devoir changer ou révéler sa nature de manière précoce pour honorer la femme à laquelle elle est destinée, à savoir une guerrière donnant naissance au chef de la résistance : John Connor pour combattre Skynet (une intelligence artificielle censée ironiquement protéger le Pentagone) mettant en péril l’humanité.

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Tout comme 2001 : L’Odyssée de l’Espace (1968) ou Tron (1982), Terminator est un métrage visionnaire sur les menaces futures de l’évolution de la technologie par l’intelligence artificielle ainsi que par la robotique. Ce premier grand film de James Cameron amorce son futur chef-d’œuvre à travers sa suite qui verra le jour en 1991. En attendant, ce premier Terminator fait office de marqueur de la science-fiction et dans le rayonnement du cinéma des années 80 jusqu’à aujourd’hui, loin de s’estomper avec le temps.