Rocky Balboa est le 6ᵉ opus de la franchise, toujours réalisé par ce boxeur (Sylvester Stallone) iconique, qui signe son baroud d’honneur sur le ring du haut de ses 60 ans ! Combattant d’une certaine manière le temps, en se confrontant à la jeunesse représentée par le champion en titre : Mason Dixon (Antonio Tarver), n’ayant aucune rivalité, malgré son statut prestigieux.

UNE SÉRIE DE FILMS SE TERMINANT SUR UN OVNI

Le terme OVNI sert à qualifier la différence entre ce film et le reste de la saga. En effet, ces premiers métrages sont dotés d’un sens du rythme très efficace, dynamisés par la progression sportive ainsi que par la dramaturgie autour de l’évolution du personnage de Rocky. Dans ce dernier long-métrage, la boxe est mise largement au second plan, afin de pouvoir se concentrer sur le personnage de Stallone. Il continue à surmonter le deuil d’Adrian, tout en essayant de se rapprocher de son fils Robert (Milo Ventimiglia), distant, dans l’ombre d’une célèbre personnalité. Le monologue impactant d’un père qui s’adresse à son fils va alors traverser le temps pour être transmis aux nouvelles générations marquées par cette réplique, comme ce petit garçon de 9 ans accompagné par l’interprète de cette tirade en 2023.

Pour les points négatifs, nous aurons d’abord l’efficacité du rythme des précédents films qui sera perdue dans Rocky Balboa. Ensuite, le retour de Marie (Geraldine Hughes), désormais devenue mère, apportant du réconfort à Rocky par la tendresse qu’ils éprouvent l’un pour l’autre est assez gênante, étant donné que Rocky effectue le deuil de sa femme. De plus, Marie était très jeune la première fois que l’on la voit à l’écran aux côtés de Rocky.

Ce qui est intéressant, c’est la manière dont Sylvester Stallone va filmer ce dernier combat qui l’illustre. Il va dans un premier temps retranscrire une captation sportive, de par ses angles de caméras ainsi que par ses focales que l’on pourrait assimiler à des images télévisées. Puis, dans une seconde phase, Stallone utilise des effets de couleurs, de montage permettant de proposer un rendu beaucoup plus cinématographique.

Rocky Balboa traite du temps que l’on ne peut pas vaincre, nous imposant des contraintes traduites par la vieillesse. La technologie procède à des simulations pour comparer l’incomparable, mais qui aura néanmoins l’utilité de pouvoir revoir l’Étalon italien sur le ring afin qu’il puisse faire sa révérence à cette saga avant de partager son héritage dans une nouvelle série de films prospérant l’esprit créé par Sylvester Stallone : Creed.