Silent Hill, saga légendaire du jeu vidéo. Véritable icône horrifique, référence immanquable et pillée du survival-horreur. Édité et développé par Konami en 1999, Silent Hill marque les esprits avec son ambiance cradingue réussie, ses créatures terrifiantes et sa musique exceptionnelle. Souvent comparé à Resident Evil (sorti 3 ans plus tôt), Silent Hill se démarquera surtout grâce à son histoire teintée de mystère et de rebondissements. Un succès qui mènera rapidement la franchise à se développer avec d’autres jeux (plus ou moins bons) et surtout des films, puisque les adaptations de jeux au cinéma se font déjà depuis des années.

En 2006 débarque en salle Silent Hill, écrit par Roger Avary et réalisé par Christophe Gans, à cette époque responsable notamment de Crying Freeman en 1995 et Le Pacte des loups en 2001. Une nouvelle qui n’a pas ravi une partie des fans hardcore de la licence qui ont cru bon d’envoyer des menaces de mort au Franco-Canadien avant la diffusion du film. De quoi faire passer la communauté des joueurs pour de grands malades et donner raison à bon nombre d’associations à travers le monde qui tendent à penser que le jeu vidéo rend violent. Ceci étant dit, une question demeure : est-ce que Silent Hill est un bon film ?

Une chose est sûre, le public est très divisé. De ce film ressortira surtout une ambiance très fidèle et réussie par rapport au jeu et des effets visuels marquants (pas toujours réussis) qui donnent parfois l’impression d’avoir allumé sa PlayStation. Le gros problème du film étant son rythme parasité par les interventions incessantes du mari de Rosa Da Silva (interprétée par Radha Mitchell), une décision prise par les exécutifs qui estimaient que le film manquait d’une présence masculine. Un autre problème selon moi étant d’abord un mélange « bâtard » entre les différents jeux de la franchise et surtout une direction des acteurs aléatoire donnant souvent des dissonances dans le jeu des comédiens, rendant certaines scènes un peu gênantes, voire hilarantes.

Au final Silent Hill vieillira comme un bon vin et restera pour beaucoup une des meilleures adaptations de jeu vidéo sur grand écran, bien que la barre ne soit pas bien haute. En 2012 sortira également Silent Hill: Revelation 3D noté environ 1 étoile sur toutes les plateformes que je ne me suis pas infligé, histoire de conserver le peu de santé mentale qu’il me reste.

20 ans après Silent Hill et 12 ans après son dernier long-métrage, Christophe Gans revient au cinéma pour présenter son dernier bébé : Retour à Silent Hill.

Retour au cinéma.

« Je suis moche comme dans le jeu… »

Je vais briser la glace tout de suite, Retour à Silent Hill n’est pas un bon film. C’est une mauvaise suite, une adaptation grotesque d’un jeu vidéo aux traits subtils. Dans cet épisode, Gans choisit de rester plus fidèle au jeu qu’il adapte (Silent Hill 2), un choix compréhensible quand on sait ce qui lui était reproché dans son dernier opus.

Si cette décision de ne plus trop s’éparpiller fait sens, elle devient vite le cœur du problème parce qu’il est difficile de résumer cette histoire en moins de deux heures. Cela donne un résultat confus et rushé qui donne au spectateur un sentiment de trop-plein, ne lui permettant pas de plonger pleinement dans un récit téléphoné à des kilomètres.

Malgré ça, Christophe Gans transpire sa passion pour le jeu et prouve une nouvelle fois qu’il sait poser une ambiance, mais surtout retranscrire, celle de Silent Hill, sur grand écran, car si l’on passe à côté de son récit, entraîné par les performances de comédiens les plus oubliables, le film est rempli de superbes images.

Par des mouvements de caméra à la photographie, le réalisateur montre une volonté de bien faire, de respecter la licence. Allant même parfois jusqu’à copier plan par plan le jeu vidéo. Malheureusement le résultat reste passable, allant de simples bonnes images au téléfilm du dimanche soir sur TMC.

Retours à l’envoyeur.

« Je cherche Nevermore s’il vous plaît. »

Dans une interview donnée à FilmsActu en 2006, Christophe Gans explique n’avoir aucun problème avec les critiques, allant même jusqu’à déclarer qu’il les trouve intéressantes au point de les prendre en compte pour ses prochains films. Je ne dis pas que c’est une erreur de sa part, bien au contraire, c’est même exactement le comportement à adopter si l’on veut un tant soit peu progresser dans n’importe quel domaine… MAIS :

Une différence majeure entre Silent Hill et Retour à Silent Hill est le nombre de screamers indécents présents dans la suite. Dans cette même interview, Gans explique avoir voulu rester en dehors de la gratuité des screamers, préférant une ambiance pesante qui joue sur la durée plutôt que sur le court rush d’adrénaline. Cette suite est pourtant plus généreuse en sursauts. Une intention qui vise probablement à ne laisser personne « sur le bord de la route », mais qui trahit cependant son propos initial.

Le plus gros problème avec cette suite, c’est surtout de ne pas avoir avancé. Je trouve les gens très sévères avec le film et même si je les comprends, je ne peux pas m’empêcher de penser qu’il a été fait avec toutes les bonnes intentions du monde. Il reste certes très inégal et un peu naïf dans son propos, mais cette envie de bien faire, de contenter le spectateur est tout à fait respectable. Retour à Silent Hill n’est pas un meilleur film que Silent Hill mais il n’est pas pire non plus. Il est juste maladroit… Et c’est ok.