Primate se présente comme un nouveau film d’horreur rentrant dans la catégorie des animaux tueurs. Ce métrage se base sur la folie de ce chimpanzé de compagnie appelé Ben, issu d’un vrai phénomène qui est la peur de l’eau causée par la rage, l’hydrophobie. Cela va alors transformer cet adorable singe en animal meurtrier.

FILM D’HORREUR AUX CODES TROP STÉRÉOTYPÉS

Le récit prend place à Hawaï. Lucy va partager la villa de son père, Adam, avec sa sœur et le reste de ce petit groupe d’adolescents. Cette habitation sera isolée, bordée par une gigantesque falaise donnant sur l’océan Pacifique. Le père, celui qui sait le mieux gérer les pulsions sauvages de l’animal, va devoir s’absenter pendant quelques jours, laissant alors le groupe de jeunes profiter de leurs vacances. Dans le cinéma d’horreur, et plus précisément dans le slasher – teenage movie, on a l’habitude de voir ce genre de structure. Les récurrences d’éléments structurants ce récit nous offrent peu de surprises. On sait que tout le monde va mourir sauf le personnage principal et que la menace sera battue. Ce que l’on pourrait donner pour l’innovation à Primate serait peut-être d’utiliser le singe comme créature, ne représentant pas la première figure à laquelle nous pourrions penser afin d’illustrer une menace horrifique.

L’ÉPOUVANTE QUI TENTE PAR LA TENSION

Johannes Roberts va façonner l’horreur en utilisant deux outils : le gore et la tension à deux phases. Tout d’abord, dès la première scène du film, nous allons voir que le primate peut user d’une violence extrême représentée de manière très graphique. Nous savons que le singe est puissant et intelligent, ce qui renforce sa menace. Des visuels esthétiquement très violents vont alors alimenter notre tension, qui sera souvent gérée en deux temps.

Par exemple, quand Lucy essaye de se saisir d’un matelas gonflable hors de la piscine et qu’elle a réussi à accomplir cet objectif, elle va tout de suite après se concentrer sur un autre objectif : récupérer son téléphone, tout en restant dans la même énergie de tension. Ensuite, deux personnages seront coincés par la bête dans une penderie, avant d’être témoins de la deuxième phase de la séquence autour de cette baie vitrée. Et enfin, Nick arpente la maison sans savoir qu’un singe tueur se balade, prêt à se jeter sur lui. Cette scène joue donc sur l’ironie dramatique, avant que Nick ne se retrouve face au chimpanzé, tout en préservant cette tension se concluant dans une explosion de violence.

Primate est un film d’horreur qui ne crée pas grand-chose par rapport aux codes du genre des animaux tueurs. Un survival qui se regarde néanmoins sans apporter grand-chose à ce que l’on aurait pu voir précédemment, hormis l’idée du singe tueur.