
UN POUVOIR INCOMPRIS
–Spoilers–
L’âme idéale présente une ouverture de métrage touchante, permettant d’exposer le personnage principal : Elsa, son don, ainsi que sa situation personnelle, tournant autour de la solitude. En effet, être médium n’est pas forcément compris et donc accepté par tout le monde, à commencer par les relations amoureuses d’Elsa. Sa relation présentée dans l’introduction en est l’exemple. Son partenaire n’est pas prêt à vivre avec une personne qui voit des fantômes.
Son métier est en étroite collaboration avec son talent inné, car elle accompagne des patients en phase terminale, tout comme ces esprits qu’elle va guider vers la paix, s’ils le désirent. Elsa ne va pas seulement aider ceux qui s’apprêtent à passer dans l’autre monde, à travers son espace de travail, mais aussi ceux en dehors des murs de l’hôpital. Que ce soit avec la sœur de son ex-compagnon ou en faisant la connaissance d’un être décédé, Oscar, interprété par Jonathan Cohen.
L’INJUSTICE DE VIVRE AVEC LA MORT
Habitué à nous faire rire, Jonathan Cohen, malgré ses pointes d’humour, va ici avoir la volonté de nous émouvoir. Oscar est en effet décédé d’une mort brutale, sans se rendre compte qu’il n’est plus vivant. Il continue alors sa vie, alors qu’il est désormais invisible aux yeux de tous. Seule Elsa, qui peut donc voir Oscar, donne l’impression à ce dernier d’être encore vivant, tout en ne prenant plus conscience de la situation de celui qu’elle aime.
Tout comme dans Ghost (1990) de Jerry Zucker, une romance vient se développer entre ces deux personnages à l’écriture pas si différente que ça. Un mot pour unir leur souffrance : l’injustice.

L’héritage de la mère d’Elsa viendra l’isoler en lui offrant un don incompris par ceux qu’elle côtoie. Elle n’y est pour rien, mais son entourage aura peur d’elle tout comme ses collègues. De l’autre côté, le défunt Oscar va vivre l’injustice de mourir alors qu’il était en train d’espérer enfin toucher à la réussite. Hormis propager ses créations, il ne pourra pas développer professionnellement son art, mais il pourra néanmoins le préserver. Dans un disque dur par exemple…
Oscar culpabilise de préserver celle qu’il aime dans un cadre vide. Même s’il le remplit par sa présence à ses yeux, il se rend compte que sa place n’est plus parmi les vivants et que son départ est une chose difficile, mais nécessaire afin que Elsa ne s’attache pas à l’illusion de cette solitude qui paraît plus réelle que jamais.




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