
Hot Fuzz est une des meilleures comédies britanniques des années 2000 et doit, en grande partie, son succès au talent de son réalisateur : Edgar Wright.
2ᵉ volet de la trilogie Cornetto (Shaun of the Dead, Hot Fuzz, Le Dernier Pub avant la fin du monde) – ainsi nommé car un Cornetto est visible dans chacun des opus – Hot Fuzz est une parodie de film d’action américain. On y suit le lieutenant Nicholas Angel, qui, faisant passer les autres policiers de Londres pour des incapables à cause de son taux d’arrestation trop élevé, est placardisé à la campagne (à Sandford dans le Gloucestershire) où il ne se passe rien… en principe.
Malheureusement, le patelin qui a gagné plusieurs fois le titre de « village de l’année » cache peut-être un tueur en série sous son label de ville fleurie… Niché entre comédie noire, parodie et thriller, Hot Fuzz est surtout la manifestation pure du génie de son réalisateur : Edgar Wright !
Un trio comique imbattable
La trilogie Cornetto a été l’occasion de voir un trio comique à l’œuvre : Edgar Wright, Simon Pegg et Nick Frost. 2 acteurs et un réalisateur qui tirent tous le meilleur les uns des autres. Que ce soit à l’écriture des dialogues ou dans leur interprétation, le talent de ce trio complémentaire n’a jamais autant brillé que dans Hot Fuzz.
Simon Pegg y incarne Nicholas Angel, un lieutenant de police londonien extrêmement strict et procédurier, qui devra faire équipe avec Danny Butterman (Nick Frost), le fils négligent et incompétent de l’inspecteur en chef (Jim Broadbent).
Bien sûr, l’alliance d’un imbécile heureux et d’un savant cynique est une combinaison connue (la plupart des films avec François Pignon se reposent dessus), mais Hot Fuzz est bien plus qu’un humour de circonstance et joue constamment sur plusieurs registres ! De très nombreux jeux de mots, calembours ou traits d’esprit viendront joncher le récit pour allier un comique de mots à un humour visuel.

Une mise en scène comique atypique
La comédie est un genre trop peu souvent représenté dans les grandes cérémonies du cinéma et pour cause : il est trop rare de voir une réalisation novatrice dans ce style de film.
Souvent, les comédies se « contentent » de montrer le gag ou de filmer des acteurs récitant leurs répliques, car c’est effectivement le meilleur moyen de profiter d’une blague. Si la mise en scène était trop complexe, elle viendrait alors potentiellement gêner la compréhension du gag et irait à l’encontre du principe même de comédie.
C’est ce qu’ont par exemple développé les ZAZ (Zucker, Abraham, Zucker : Y a-t-il un pilote dans l’avion ?) en appliquant le concept « Less is more » (le moins est le plus) au cinéma. En clair, pour bien filmer une scène comique, il faut filmer des plans larges sur une longue durée (avec le moins de montage possible) pour que le spectateur s’imprègne du gag et soit surpris par l’endroit d’où il vient plutôt qu’en lui mettant le nez dessus par un artifice.
Quel rapport avec Hot Fuzz? Eh bien, ici, c’est tout l’inverse, car il fallait bien une exception à la règle. Mieux, Edgar Wright ne se contente pas d’habiller des gags oraux avec sa caméra, mais ses plans sont en eux-mêmes des blagues au-dessus des blagues !

La science de la blague visuelle
Avec Hot Fuzz, Edgar Wright réalise une véritable parodie de film d’action. Ce n’est ni un hasard que Danny soit fasciné par Point Break et Bad Boys, ni qu’un des suspects soit interprété par Timothy Dalton (ancien James Bond) : le film puise constamment dans des références à d’autres films pour mieux les détourner !
Au-delà des clins d’œil, le réalisateur britannique y affirme sa science du montage impactant, en appliquant au film entier un rythme frénétique. Certaines séquences iront, quant à elles, chercher du côté du montage cut pour profondément marquer une accélération avant un silence brutal et ainsi créer un humour qui n’existe que par la post-production.
Enfin, Edgar Wright a glissé de nombreux gags visuels à l’arrière-plan, qui ne seront pas nécessairement visibles au premier visionnage : un figurant au regard ahuri, un élément de décor à la forme équivoque, un très gros indice pour la révélation finale, etc. Le réalisateur s’amuse à tous les niveaux et tire le meilleur de l’écriture, de la réalisation et du montage !
Hot Fuzz est une des meilleures comédies, tout court. Edgar Wright parvient à mêler un humour 100 %, une réalisation intelligente à des dialogues et des situations comiques burlesques, pour créer un film qui plaira autant aux cinéphiles aguerris qu’au « grand public ». Avec ses nombreuses couches humoristiques, Hot Fuzz est évidemment un film à découvrir mais aussi et surtout à REdécouvrir.




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