
Réalisé par Alfonso Cuarón (réalisateur du meilleur film de la saga Harry Potter, Le Prisonnier d’Azkaban (2004), de Roma (2018) ou encore Les Fils de l’homme (2006)), Gravity, porté par Sandra Bullock et George Clooney dans les rôles d’astronautes à la dérive dans une danse spatiale funèbre, est un impressionnant tour de force, ultra-immersif et carrément terrifiant par moments.
Sept ans après son dernier film, Les Fils de l’homme, le réalisateur mexicain nous revient avec un sacré blockbuster d’action spatiale, qui a demandé plus de cinq ans de travail. Pas de longues expositions ou de contexte particulier, mais une entrée dans le vif du sujet, avec une intrigue simple mais terriblement efficace : le docteur Ryan Stone (Sandra Bullock) effectue sa première expédition spatiale avec la NASA sous les ordres de Matt Kowalsky (George Clooney).
Alors qu’ils sont en train d’effectuer des réparations à l’extérieur de leur navette spatiale, une pluie de débris en orbite autour de la Terre vient menacer l’intégrité de leur mission. Gravity se transforme alors en survival pur, où les deux astronautes vont tenter de regagner la terre ferme, piégés dans l’immensité du vide.
La force de Gravity, c’est d’emporter le spectateur avec lui dans cette dérive macabre, le tout dans un environnement hostile et terrifiant, qui se referme sur les protagonistes. Semblant flotter aux côtés des personnages, le spectateur est immergé dans ce vide intersidéral, à en donner le tournis. Le noir d’encre de l’espace, couplé aux images superbes de la Terre 600 km plus bas et aux infrastructures de la NASA, donne au film un aspect véritablement mystique, et le tout est d’une beauté époustouflante.
Comment concilier la beauté vaste de l’espace à son aspect également terrifiant et mystique ? Certains plans provoquent une totale sidération, comme ceux avec Stone et Kowalsky réparant la station Explorer avec la planète en dessous d’eux. À la fois magnifique et vertigineux. Graphiquement parlant, Gravity est proche de la perfection.
Alfonso Cuarón, esthète et virtuose
Mais encore plus que pour sa beauté plastique et formelle, c’est dans sa mise en scène que Gravity tutoie les étoiles. Dans l’espace, aux côtés des infrastructures de la NASA, la caméra devient un troisième personnage et amène le spectateur dans une danse d’une fluidité remarquable. La séquence d’ouverture du long-métrage, filmée en un seul plan-séquence monumental de plus de treize minutes, est un modèle du genre.
Cuarón s’envole dans un numéro d’esthète et de virtuose pour capter cette danse spatiale. Plus qu’une simple démonstration technique, le plan-séquence a une véritable fonction narrative : il reproduit les mouvements des astronautes en apesanteur, et la caméra semble flotter dans l’espace avec un impressionnant réalisme, effaçant dans le même temps le dispositif filmique pour renforcer l’immersion.

Dans ce même plan-séquence, le réalisateur mexicain fait étalage de toute sa panoplie technique en variant les points de vue avec des mouvements d’appareil fluides et prodigieux, filmant au départ l’ensemble de l’action en passant aux visions terrifiées de Ryan Stone, qui tente de survivre en naviguant de station en station. Plans ultra-resserrés et suffocants, vus à la première personne, d’ensemble, tout y passe pour montrer à la fois l’immensité de l’espace et la petitesse de l’être humain face à ce néant froid et inhospitalier.
Le film perd néanmoins en subtilité durant ses ultimes minutes, lorsqu’il devient un survival un peu plus banal, avec un climax « hollywoodien » et subitement tape-à-l’œil alors qu’il aurait pu gagner en sobriété. Mais l’essentiel est ailleurs : Gravity est un space opera d’une beauté plastique époustouflante, bien aidée par une mise en scène virtuose et claustrophobe, agrémentée par moments de purs moments d’horreur. Probablement un des meilleurs films jamais faits sur l’espace.




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