
Amélie et la métaphysique des tubes a concouru lors du prestigieux festival international du film d’animation d’Annecy 2025. Il a, en effet, été bien plus que présenté, car le métrage de Liane-Cho Han et de Mailys Vallade a remporté le Prix du Public lors de cette 49ᵉ édition. Arrivés sur les écrans français, nous allons pouvoir découvrir cette palette de couleurs menée et proposée par Juliette Laurent et Joanna Lurie, les directrices de l’animation.
Ce long-métrage français est une adaptation du roman « Métaphysique des tubes » par Amélie Nothomb paru en 2000. Vous l’aurez donc bien compris, le concept de ce film d’animation est l’autobiographie de l’écrivaine.
ÊTRE DIVIN ?
Il est rare pour un nouveau-né de pouvoir narrer sa propre histoire, pourtant dans ce métrage, c’est bien le cas. L’angle romancé autour d’Amélie (Loïse Charpentier) s’articule par sa proclamation divine. En effet, l’essence d’un biopic, au cinéma, ou d’une autobiographie dans la littérature, va être permise par un seul être : le personnage principal, sans qui aucun univers ne pourrait être créé, tout comme Dieu. Nous aurons des éléments qui vont pouvoir nous faire penser que ce bébé n’est pas comme les autres. Il va parler très rapidement, amorcé par ce premier mot incongru : « aspirateur », permettant de faire disparaître les impuretés, de quoi affilier cela à une fonction divine dans le regard enfantin d’Amélie. Nous aurons également l’iconographie théologique, telle que cette mer séparée en deux, nous rappelant les récits bibliques de Moïse. –Spoiler– Cependant, même si le film la suppose être une figure divine, il nous révèle, avec simplicité, qu’en réalité, il n’en est rien. Comme Amélie le dit : « C’est plus amusant comme ça ».

ALBUM PHOTOS D’UN PAYSAGE LOINTAIN
On a tendance à embellir nos souvenirs du passé. Quoi de mieux que l’animation pour rendre ces moments d’antan encore plus beaux, par ces visuels magnifiques, accompagnés par une superbe musique nous permettant d’être transportés dans le carnet d’images de l’enfance d’Amélie. L’autrice(s) va capter ses instants comme une photo, rendant le moment immortel, ou bien en enfermant « tout simplement » ses souvenirs dans un bocal. Bien évidemment, l’utilité d’un film va permettre d’animer son passé à travers une palette de couleurs magnifique contribuant à la sensibilité folle du récit.

PERTURBATION DE LA JOIE
Le point de vue de l’enfance permet de passer à côté de la conscience de certaines notions, moins drôles, aux conséquences funestes et/ou de souffrances. En effet, la mamie d’Amélie termine sa vie. Il est logique qu’Amélie ne comprenne pas encore la mort et le deuil.
De plus, ne l’oublions pas, mais Amélie a failli se noyer après cette pluie d’images fabuleuses, mais ce sera surtout à travers la problématique marquante du film qu’Amélie sera affectée. En effet, cette autre notion de souffrance s’articule autour du colonialisme. La famille d’Amélie est elle-même issue d’une culture occidentale. Étant belge, la profession du père va obliger les Nothomb à venir s’installer dans une culture lointaine : le Japon. Nishio-San (Victoria Grosbois) est une mère spirituelle pour Amélie. Elle va s’en occuper comme son propre enfant et l’on sent à travers l’écrivaine que cette personne est centrale dans son enfance. Cependant, Kashima-san (Yumi Fujimori) est blessée par les horreurs du colonialisme, n’arrivant pas à faire la part des choses, malgré le temps, répugnée par la venue de ces Occidentaux dans sa propriété. Nishio-san va en payer les conséquences, tout comme Amélie.
Amélie et la métaphysique des tubes est une œuvre magnifique et magique, d’une sensibilité profonde et d’un esthétisme personnalisé de façon à embellir les souvenirs d’Amélie. Une enfance gravée sur le papier, l’écran et, dorénavant, dans nos mémoires.





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