
Après le succès Des dossiers Warren, la Warner a doublé le budget, passant de 20 à 40 millions de dollars pour le prochain opus de la saga Conjuring, qui s’exporte cette fois en Angleterre, à Enfield.
Comme pour l’ouverture du premier film, avec Annabelle qui sera une menace secondaire, l’introduction du deuxième long-métrage sera l’opportunité de nous présenter une autre enquête qui va venir se lier à l’investigation principale du métrage. Il s’agit d’un des drames les plus connus : le fait divers d’Amityville. Une scène de reconstitution prenant vie par cette mise en scène très inspirée nous rappelle que celui qui est derrière la caméra sait comment mettre en scène l’horreur tout en sachant comment appliquer ses superbes idées à l’image.
STRUCTURE SIMILAIRE ?
Tout comme Conjuring : Les Dossiers Warren, nous allons avoir cette succession progressive de scènes horrifiques. La différence, cette fois, est que l’évolution de l’intensité de l’horreur prendra moins son temps, ce qui permettra d’aller plus rapidement dans le vif du sujet. Une autre différence sera notable avec les Warren. Cette fois, ce ne sera pas Ed qui sera sceptique dans l’implication de Lorraine dans une nouvelle enquête, mais ce sera au tour de Lorraine d’éviter que son époux soit en contact avec l’au-delà, en raison d’une vision illustrant la mort de son mari. De plus, le couple de chasseurs de fantômes influera moins sur le retour au calme vécu dans le premier Conjuring, de sorte à maintenir un haut niveau d’intensité dans l’épouvante.
Cependant, apportant une nouvelle fois leur aide, ils vont de nouveau installer un climat rassurant, que ce soit Lorraine ou Ed envers Janet. Le démonogue sera même le moteur de cette scène, qui va intelligemment briser l’atmosphère horrifique pour avoir un moment chaleureux grâce à sa reprise de la chanson Can’t Help Falling in Love.

JANET EST UNE MENTEUSE ?
Ed et Lorraine Warren vont venir en aide à Peggy et ses enfants pour prouver la crédibilité de la présence oppressante. Janet sera celle qui sera visée par ces présences. Dès le début du métrage, on la verra dans une situation où sa mère ne lui fait pas confiance, pensant que sa fille ment. En effet, Janet a été trouvée, une cigarette à la main, à l’école. Pourtant elle n’a pas fumé. Elle a juste tenu le mégot de son amie. Elle clame son innocence, en vain.
À côté de cela, la crédibilité des Warren, passant à la télévision, est mise en cause. Ils seront accusés de mentir sur l’existence des phénomènes paranormaux.
D’ailleurs, ce n’est pas anodin que les médias fassent leur apparition dans le récit car ce sont eux qui sont censés recueillir l’information, la vérité.
Certaines de ses actions peuvent semer le doute. Même si nous, spectateurs, sommes témoins de la véracité de ce que dit et fait Janet, les personnages extérieurs peuvent néanmoins émettre quelques soupçons. Que ce soit sa mère qui est la seule à avoir vu la créature attaquer Janet, la manière dont cette dernière se fait étrangler par le rideau, qui pourrait en réalité être causée par son initiative, ou par exemple dans la meilleure scène du film : tout le monde doit se retourner pour pouvoir communiquer avec elle, ou plutôt lui…
Cette séquence est magistrale. Elle témoigne d’une inventivité incroyable, jouant sur la profondeur de champ. Nous voyons Ed à gauche du cadre, au premier plan, net, et Janet à droite, au second plan, floue. Par le biais d’un plan-séquence fixe, Ed pose ses questions à Bill par le prisme de Janet, tandis que la silhouette de l’enfant semble se transformer progressivement en ce vieil homme, toujours hors de la profondeur de champ.
Conjuring 2 : Le Cas Enfield est un très bon film d’horreur, légèrement inférieur au premier, mais qui excelle grâce à deux fulgurances :
- Ed brisant l’intensité horrifique, le temps d’un instant.
- Le plan-séquence où Janet devient progressivement Bill.
Un métrage qui enrichit donc l’univers régi par James Wan, avec ces nouvelles créatures : le Crooked Man, ainsi que la Nonne qui aura droit à son spin-off.




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