Ali est bien différent de Rocky ou de Million Dollar Baby. Des classiques du cinéma de boxe permettant de présenter l’ascension d’un(e) champion(ne). Dans cette œuvre de Michael Mann, nous allons suivre ce biopic sur Mohamed Ali interprété par Will Smith. Un film qui va tout d’abord mettre la boxe au second plan pour pouvoir se concentrer sur son véritable combat prenant place hors du ring. En effet, cette manière de franchir les frontières des résultats sportifs permettra de façonner la légende de ce boxeur, car même s’il va devenir trois fois champion du monde des poids lourds, son véritable impact va être son image politique.

UN PROPHÈTE CHAMPION DU MONDE

Mohamed Ali se bat pour porter la liberté d’un peuple opprimé en se servant de sa notoriété. Pour ce faire, il va, par exemple, mettre sur le devant de la scène l’Afrique par ce dernier affrontement contre George Foreman au Zaïre (devenu la République démocratique du Congo). Mais avant cela, il va d’abord abandonner son ancien nom : Cassius Marcellus Clay Jr., celui qui le rattachait à l’esclavage, avant qu’il porte le nom mythique que nous connaissons tous : celui de Mohamed Ali. Ce n’est pas anodin que le titre du métrage porte son nom. Cela permettra d’afficher cette nouvelle identité qui accompagne l’image que représente désormais ce grand sportif politique. Bien plus qu’un symbole, il devient un prophète, n’hésitant pas à être un martyr pour pouvoir respecter ses convictions.

« Vole comme un papillon, pique comme une abeille » est la célèbre réplique qui colle à la peau d’Ali. Une manière de décrire sa personnalité en commençant par son jeu de jambes caractéristique aussi léger qu’un insecte ailé, après avoir déballé ses provocations à destination de ses opposants sur et hors du ring, piquant toujours avec adresse tel une abeille.

Ali est un film naturaliste. Michael Mann va créer une mise en scène soignée, réaliste, s’ancrant dans la politique et devenant le fond avec l’exposition d’une figure emblématique de la lutte contre le racisme : Malcolm X. Cet angle majeur est accompagné par la forme, qui est la boxe. Il sera accompagné par un casting prestigieux tel que Jamie Foxx, Jeffrey Wright et, bien évidemment, Giancarlo Esposito.

Michael Mann dresse une très bonne copie, glorifiant l’image de cet athlète porté par un très bon Will Smith parcourant la légende de Mohamed Ali à travers sa mémoire de sorte à témoigner de son passage important dans le monde du sport et de la lutte contre les inégalités, accompagné par la musique de Salif Keita : Tomorrow, accentuant l’aura divine qui émane de cette œuvre.