LES DEUX PERSONNAGES CLEFS

Chime veut dire « carillon ». Il s’agit d’un instrument de musique retentissant au loin, reconnaissable par sa texture métallique. Le son de cet objet, n’étant pas réel, résonne néanmoins dans la tête de cet adolescent, Ichiro Tashiro (Seiichi Kohinata), profondément perturbé et instable, persuadé qu’une machine a élu domicile dans son crâne et que la moitié de son cerveau veut le posséder.

Takuji Matsuoka (Mutsuo Yoshioka) est quant à lui, exposé comme un professeur respectable menant une vie correcte et stable avec sa famille. Cette écriture va être façonnée, de sorte à nous surprendre au moment opportun. Un revirement qui sera aussi traduit par sa déclaration : d’être fier d’enseigner avant qu’il se ravise, sans comprendre lui-même pour quelle raison l’enseignement n’est plus de son goût.

UNE MALADIE CONTAGIEUSE

Les troubles mentaux vont être traités sous la forme d’une gangrène qui se propage. Le film prend comme point de départ Tashiro, ayant une instabilité clairement visible, où il entend cette fameuse résonance, un son inhumain, inaudible aux oreilles du professeur Matsuoka.

Le travail sur le dédoublement sera perçu par le professeur, se regardant dans le miroir, son épouse remplissant deux bacs de cannettes vides et bien sûr par ces deux êtres se partageant l’esprit de Tashiro. Tous ces éléments seront des métaphores de la séparation d’identité, et donc des maladies psychotiques.

L’enseignant semble donc être contaminé, à son tour. Il est spectateur de cette démence, avec cet homme voulant agresser un autre client dans le restaurant, ainsi qu’acteur de cette contagion en transmettant le mal à sa famille.

Ce son non humain pourrait s’affilier à ce train que l’on voit en fond de champ qui revient à l’image comme une récurrence ou plutôt une sonnerie. On l’entendra finalement, en fin de métrage, par ce dénouement horrifique, par ces sons terrifiants, angoissants, comme si la propagation finissait par nous (spectateurs) atteindre en nous faisant entendre ce son macabre symbole du début de la démence.

Malgré un axe intéressant pour représenter les maladies mentales, Chime souffre, à mon avis, de clichés très peu subtils : psychopathes à couteaux, sourires psychotiques avides d’humanité. De plus le rythme du film japonais n’est pas assez pertinent, selon moi pour me happer. Cela peut être dû à la durée du moyen-métrage, inférieure à une heure. Le film y gagnerait surement à développer son propos qui est intéressant, surtout en l’exploitant davantage.