
Suspiria est une œuvre post-giallo. Elle s’en inspire tout en sortant du cadre prédéfini par ce genre rattaché aux métrages provoquant la tension tels que le thriller. Même si Suspiria est un thriller, il va innover le giallo en proposant de l’horreur fantastique à travers une imagerie où la lumière et l’obscurité vont venir créer une ambiance par son homogénéité. De plus, Dario Argento donne une grande présence sonore, par la musique constituée de voix mystiques à certains moments afin de parfaire l’ambiance fantastique et horrifique du film.
Suzy (Jessica Harper) intègre une école prestigieuse de danse. Cependant, des meurtres vont venir semer le trouble, menaçant les élèves et installant un mystère avec comme seuls indices deux mots abstraits : « secret » et « iris ». Une manière de nous préserver dans l’inconnu et dans l’étrange de sorte à maintenir la tension.
Pour l’horreur, le gore sera utilisé à travers les assassinats représentés de manière organique, montrés en gros plans, illustrant alors une violence extrême. Suzy va alors s’aventurer dans les couloirs afin de trouver un sens à ces deux mots pour qu’elle puisse élucider ce qu’il se passe dans cette école.

–Spoilers–
L’OMNIPRÉSENCE DU ROUGE
L’identité visuelle de Suspiria est très forte. Certes nous aurons plusieurs couleurs qui vont venir éclairer les sujets ainsi que le décor comme le vert ou le bleu, mais la couleur principale donnant la tonalité de l’œuvre est le rouge complétant avec les deux autres couleurs citées précédemment la possibilité de créer une image. D’autre part le rouge renvoie à la violence, à l’horreur et au sang. Une couleur qui ne va pas seulement intervenir par la lumière, car elle va également venir se glisser parmi le décor, les accessoires ou même les dialogues. En effet, l’extérieur de l’école sera rouge, tout comme la couleur du vin que va consommer (avec modération) Suzy ainsi que par la couleur de peau d’un personnage qui rougit.
L’abondance de couleurs vives va constituer le fantastique par sa grande présence, tout en gardant l’obscurité de l’image, pour ne pas dénaturer l’horreur.
L’être qui va être la jonction entre ces deux genres sera l’antagoniste de ce métrage : des sorcières. Elles seront à l’origine de ces tueries ainsi que de ces maléfices, provoquant l’agressivité des animaux portant atteinte à ceux qui résident dans cette école. Un établissement qui était autrefois, et vraisemblablement toujours, un espace occulte permettant de tapir cette sorcière venant hanter ses habitants.

Suspiria est un film reposant sur son esthétique, façonnant un thriller horrifique et fantastique emblématique par sa personnalité artistique assumant d’avoir un scénario simpliste.




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