La franchise Cloverfield est assez unique de par ses métrages qui n’ont aucun lien scénaristique entre eux, mais qui auront comme mérite de proposer un concept différent dans chacun de ces films. Tout d’abord, nous aurons le premier Cloverfield en 2008 proposant un found footage horrifique à New York, avant d’aller dans l’espace dans The Cloverfield Paradox en 2018, qui va néanmoins avoir une similitude dans le cadre du huis clos avec ce précédent film : 10 Cloverfield Lane en 2016 qui se déroule dans un bunker. Ces trois films présenteront la même menace : celle de l’attaque extraterrestre. Cependant, dans ce métrage de Dan Trachtenberg, le doute de cette attaque venue d’ailleurs va s’installer…

Spoilers

PROTÉGÉ PAR LA SÉQUESTRATION ?

Michelle (Mary Elizabeth Winstead) se retrouve piégée dans une cave, qui s’avère en réalité être un bunker appartenant à un ancien marine : Howard (John Goodman). Ce dernier va représenter une menace pour Michelle bloquée, enchainée sur ce matelas par cet homme mystérieux. Un complotiste qui en sauve, d’après lui, la vie de Michelle ainsi que de la troisième personne Emmett (John Gallagher Jr.) dont on ne sait trop quoi : d’éclairs lumineux ? d’airs toxiques ? d’attaques extraterrestres ? Évidemment, cela semble pour Michelle être une machination lunaire de cet inconnu portant un profil psychologique assez instable. Il va présenter des signes d’agressivité, mais aussi d’autorité et de domination, comme si ces vies, qu’il a selon lui sauvées de ce qui se passe dehors, devaient lui appartenir en guise de reconnaissance (même si Howard culpabilise d’avoir provoqué l’accident de Michelle, juste avant qu’elle se retrouve chez lui). Ce trait de caractère exposé par Howard va accentuer un propos sociétal exposé dans le film : le patriarcat.

LAISSEZ-MOI PARTIR !

Dans l’introduction du film, Michelle, en voiture, était en appel avec un certain Ben (Bradley Cooper, rien que ça), le fuyant pour pouvoir le quitter, alors que ce dernier se montrait insistant. C’est alors qu’en fuyant une figure masculine, elle va être emprisonnée par un autre homme, qui exerce une domination malsaine, notamment en considérant Michelle comme sa fille défunte.

Même si la menace prévenue par Howard est réelle, cela n’exclut pas la dangerosité de cet homme sur cette femme qui veut s’en aller ainsi que sa domination qu’il impose sur cette dernière. Une approche entre militarisme et paranoïa faisant penser à un récent film réalisé par Yórgos Lánthimos : Bugonia (2025), de par cette menace extraterrestre que veut défaire le personnage de Jesse Plemons, un complotiste à l’allure instable.

Copyright Paramount Pictures France Film 10 Cloverfield Lane

UN DÉNOUEMENT RÉVÉLATEUR

Même si Michelle finit par croire Howard, en raison de cette femme à l’extérieur ayant vraisemblablement subi une attaque toxique, des indices morbides vont alors se révéler sous les yeux de la protagoniste, qui se met une idée en tête, accompagnée par Emmett : s’évader de ce complexe antiapocalyptique pour pouvoir survivre.

Une fois sortie, le décor s’agrandit, le huis clos explose pour révéler le mensonge confirmé avant que la vérité vienne le contredire. Tout comme Bugonia, la menace extraterrestre est bel et bien réelle, mais au lieu de fuir ou de rester figée face à la menace, Michelle décide, tout comme à l’intérieur de ce bunker, d’agir pour pouvoir affronter la domination malsaine à travers cette fin ouverte, se dirigeant vers une suite qui n’aura pour l’instant jamais lieu.

10 Cloverfield Lane est donc un huis clos réussi réalisé par Dan Trachtenberg, qui reprendra plus tard en 2022 une nouvelle franchise d’extraterrestres avec Prey. Un thriller bien géré coécrit par Damien Chazelle, oui, vous avez bien lu, ce n’est pas un mensonge…