L’intermédiaire réalisé par David Mackenzie mettra en lumière un duo d’acteurs qui se composent de Riz Ahmed et de Lily James.

L’introduction du métrage nous révèle cette tonalité basée sur le secret, la dissimulation. Tom (Riz Ahmed) restera silencieux, discret, invisible, froid, professionnel, afin de remplir ses missions consistant à protéger ses clients. Sarah (Lily James) est l’un d’eux et détient des documents compromettants pouvant faire tomber l’entreprise mettant en péril la population. Tom va devoir protéger Sarah, pistée par Dawson, interprété par Sam Worthington.

Sarah sera aussi isolée que Tom, mais d’une manière différente, car elle devra être guidée par ce dernier pour éviter que la fragilité de sa situation ne se brise. Elle sera alors également isolée par Tom en raison de sa situation, pour qu’elle puisse s’en sortir. Un lien va se créer entre les deux personnages, permettant de développer l’écriture de ce dernier.

Ce thriller aux attraits d’espionnage développera donc le personnage de Tom, qui va délier son humanité. En effet, étant un ancien alcoolique, il va sombrer, allant à l’encontre de sa foi. En effet, étant un musulman immigré aux États-Unis, post-11 septembre, il va alors, pour pouvoir appartenir à une société qui l’isole, bafouer sa religion. Il va ensuite se perdre jusqu’à faire un travail qui est devenu la métaphore de sa situation, c’est-à-dire posséder une identité cachée en opérant de manière invisible à l’aide d’un intermédiaire, ce qui crée une distance avec son interlocuteur qu’il doit protéger.

Spoilers

Peu à peu, il va se rapprocher d’elle et tenter de faire à nouveau confiance pour pouvoir avancer personnellement dans son traumatisme d’être marginalisé par la population, en essayant de faire confiance. Cela passe par révéler sa véritable identité. Mais le scénario fera en sorte de rendre cruel son dénouement par le twist se traduisant par la trahison de Sarah.

L’Intermédiaire est un métrage sympathique doté d’une gestion de rythme permettant de maintenir l’essence du thriller : la tension, comme l’illustre cette scène de négociation à Time Square, nous tenant dans cet intéressant jeu du chat et de la souris.