Affiche pour le film predator

Predator a lancé la saga éponyme en 1987. Réalisé par un jeune John McTiernan et comportant Arnold Schwarzenegger dans le rôle titre : comment cet opus a-t-il introduit son monstre pour en faire une icône du cinéma ?

En 1987, Arnold Schwarzenegger vient de connaître ses premiers gros succès avec Conan le Barbare en 1982 et Terminator en 1984. Il se lance dans un projet porté par un jeune réalisateur : John McTiernan.

À l’époque, le futur metteur en scène de Die Hard : Piège de Cristal, À la poursuite d’Octobre le Rouge et Last Action Hero, n’a réalisé qu’un seul film (Nomads) et se lance dans un projet de SF. Le pitch : un extraterrestre chasseur arrive sur Terre et décime un commando d’élite. Simple, efficace comme sa réalisation qui, tout en sobriété, n’en demeure pas moins un modèle d’iconisation.

Une écriture plus fine qu’il n’y parait

John McTiernan prend son temps avant de révéler l’identité de son vrai monstre. Initialement, la menace du film est censée être une bande de mercenaires du Guatemala qui auraient enlevé un ministre local, mais celle-ci sera évidemment défaite par le commando d’élite du héros (Arnold Schwarzenegger).

L’avantage de passer par un autre méchant est que l’on peut voir les militaires affronter une menace et constater qu’ils sont forts ! Les personnages sont définis par leurs actions et les dialogues ne servent alors qu’à apporter du contexte ou à renforcer les liens entre les membres du groupe.

L’autre avantage de cette caractérisation est qu’elle sert également celle du Predator. En effet, le film a établi que le commando d’élite était très qualifié pour une mission dans la jungle, donc lorsque le Predator arrive et commence à les tuer un par un : on sait qu’il est extrêmement dangereux.

L’échelle des menaces n’est presque jamais expliquée par le dialogue et le spectateur comprend tout seul par les actes.

Arnold Schwarzenegger dans la jungle

Une iconisation plurielle

Même lorsqu’il apparaît, le Predator reste mystérieux. Souvent invisible grâce à son camouflage, ou dissimulé dans l’environnement, la menace du monstre est toujours présente même lorsqu’il n’est pas physiquement dans le cadre. Le réalisateur s’amuse alors à filmer des cadres vides pour signifier que le Predator est peut-être là et joue fréquemment avec le hors-champ afin de renforcer la puissance de sa menace invisible.

En dehors de sa technologie de camouflage, le Predator possède également un casque qui dissimule sa véritable identité et empêche le spectateur de constater qu’il n’a vraiment pas une tête de porte-bonheur… Jusqu’à la fin du film, il est impossible de savoir contre qui se bat réellement Arnold Schwarzenegger ! Même à la fin, l’origine de l’extraterrestre n’est pas clairement définie : il répète la question que lui pose le héros : « Qui es-tu ? », laissant ainsi supposer qu’il s’identifie à Schwarzenegger par la chasse, la survie, le combat et part dans une explosion sans en dire plus.

(Les origines ne seront développées que bien plus tard dans les suites et notamment dans Predator : Badlands et Predator : Killer of Killers).

L’identité mystérieuse confère une aura à l’extraterrestre qui est appuyée par celle de son opposant, qui, lui, n’est pas inconnu du grand public ! En 1987, Arnold Schwarzenegger est en pleine ascension ! Après Conan et Terminator, l’ex-mister Univers venu d’Autriche est clairement identifié comme le monsieur Muscle d’Hollywood et le voir galérer à battre un alien est clairement une bonne idée pour iconiser son antagoniste !

Opposition entre le Predator et Arnold Schwarzenegger

Un personnage marquant

Si le Predator est entré (et resté) dans les mémoires, c’est aussi et surtout grâce à son costume/maquillage ! Nommé aux Oscars dans la catégorie meilleurs effets visuels, l’extraterrestre doit beaucoup au travail de Richard Greenberg, Robert M. Greenberg, Joel Hynek et Stan Winston.

Ce dernier est d’ailleurs coutumier des maquillages et costumes de SF, car on le retrouve au générique :

  • de The Thing en 1982 : pour la création des animatroniques.
  • de Terminator en 1984 : pour le design de l’androïde.
  • d’Aliens le retour en 1986 : pour le design de la reine alien.
  • de Jurassic Park en 1993 : pour la supervision et la création des dinosaures.

Et de plein d’autres films. On retrouve notamment la patte de Sam Winston dans les mandibules du Predator qui font écho aux nombreux animatroniques qu’il avait pu créer pour d’autres films.

Le predator de predator

Tout est réuni ici pour faire du monstre un emblème du cinéma et bâtir une saga autour d’un personnage ! Réalisation efficace, casting intelligent et maquillage inventif : Predator n’est pas qu’un bon film d’action, c’est aussi un modèle d’iconisation.