
Hunger Games (2012-2015) fait partie des franchises de romans pour adolescents ayant eu une adaptation sur le grand écran. Tout comme Twilight (2008-2012), Le Labyrinthe (2014-2018) et Divergente (2014-2016), ces autres sagas sont forcément arrivées aux yeux de la génération Z, même s’ils n’ont pu atteindre la qualité générale du récit porté par Katniss Everdeen. D’ailleurs, la spécificité des écrits de Suzanne Collins, par rapport à ses autres concurrents, et que le phénomène Hunger Games aura le droit à d’autres films afin d’enrichir l’univers de Panem. Une manière aussi d’accueillir la prochaine génération de jeunes spectateurs avec ce préquel sorti et réalisé par le cinéaste qui s’est occupé de quasiment toute la saga : Francis Lawrence. Le cinéaste s’est donc occupé d’Hunger Games : La Ballade du serpent et de l’oiseau chanteur (2023) avant le dernier projet en date : Hunger Games : Lever de soleil sur la moisson (2026) prévu pour une sortie en France le 18 novembre 2026.
–Spoilers–
UN BATTLE ROYALE POUR CITER LES INÉGALITÉS
Panem est régie par un régime dictatorial : celui de Snow incarné par Donald Sutherland délivrant une performance d’une justesse froide et méprisable. Sa manière de gouverner est dictée par sa tyrannie, contrôlant les différents districts bien en dessous de la classe moyenne vivant dans ce qui s’apparente à des camps de concentration gardés ironiquement par les « Pacificateurs » à l’allure similaire de celle des Stormtroopers dans l’univers créé par George Lucas. Pour maintenir cette peur, les traditionnelles moissons se déroulent chaque année pour récolter les différents tributs de chaque section vivant dans la misère. Récolter comme des vulgaires légumes avariés avant d’être lâchés dans un enclos pour s’entretuer et pour le plus grand plaisir du Capitole, s’extasiant de voir ce spectacle inhumain.
Pourquoi les Hunger Games existent-ils ? Pour permettre de remémorer le souvenir de la défaite du peuple lors de la dernière guerre, rappelant que c’est le Capitole qui détient le pouvoir.
C’est alors que Suzanne Collins propose un concept qui est devenu aujourd’hui incontournable, notamment par la série phénomène sud-coréenne Squid Games (2021-2025), mais aussi en grande majorité par les jeux vidéo connus par leur mode battle royale. Un objectif simple : plusieurs individus doivent se battre pour détenir l’unique place restante. PUBG : Battlegrounds (2017) ou Fortnite (2017) popularisent le concept. D’ailleurs, nous pouvons voir que les « modérateurs » ou développeurs assis dans une grande salle peuplé d’ordinateurs, sont aux commandes de l’arène, tel un jeu vidéo. Un espace dense en pleine forêt, vaste et porteur d’obstacles que va devoir franchir les candidats.
Mais le réel précurseur devenu un classique par son concept est bien entendu le film japonais Battle Royale réalisé par Kinji Fukasaku et sorti en 2001 en France. Un autre métrage comporte des similitudes avec la création de Suzanne Collins. Il s’agit de The Gladiatorerna réalisé par Peter Watkins sorti en salles en 1969.
Hunger Games est une œuvre d’espoir de rébellion face à l’oppression et aux inégalités. Pour ce faire, la franchise compte sur Jennifer Lawrence pour incarner la figure emblématique de la résistance avant d’être un porte-étendard de la rébellion. La révolution est née le jour où Katniss Everdeen s’est portée volontaire à la place de sa petite sœur : Primrose (Willow Shields) pour participer au 74e Hunger Games.
LA NAISSANCE DU GEAI MOQUEUR
Le Geai Moqueur n’est pas seulement l’insigne pour apporter du courage, car il va devenir un symbole. Le Mockingjay est le nom porté fièrement par Katniss devenant une allégorie de la liberté et de l’espoir pour le peuple démuni. La peur s’installe au Capitole, à commencer par Snow qui entrevoit les premiers signes de menaces venant des districts. L’un d’eux se caractérise par le signe de la main brandi par les occupants des factions présentant leurs trois doigts pour unifier ce mouvement de résistance. Snow veille donc à étouffer la moindre initiative pouvant affaiblir l’image du Capitole.
La flamme commence à s’embraser, jusqu’à s’intensifier par l’injustice infligée par les dirigeants de Panem. La mort de Rue (Amandla Stenberg), une petite fille du district voisin de Katniss, assassinée lors des jeux, contribue notamment à alimenter le feu ardent, prêt à envahir le geai moqueur. De plus, Rue rappelait à Katniss sa sœur pour laquelle elle s’est sacrifiée. Cela intensifie sa rage ainsi que la dramaturgie accompagnée par ce grand thème composé par James Newton Howard : Rue’s Farewell.

UN SPECTACLE RÉVOLUTIONNAIRE POUR HUMILIER LE FASCISME
Pour pouvoir combattre un système qui nous domine, l’un des moyens sera de rentrer dans le jeu du Capitole. En effet, les Hunger Games visent à capitaliser sur les plus démunis. La haute société portant des costumes aux couleurs vives et aux formes extravagantes se divertit devant cette télé-réalité faisant de ses candidats des personnages. Ils vont devoir se faire apprécier auprès du public pour gagner des sponsors ou pour pouvoir se positionner auprès de ses adversaires. Tout est retransmis à la télévision du Capitole, ce qui est morbide, sadique mais aussi malsain de voir le gouvernement géré par des adultes remémorer la souffrance de la guerre en mettant en cause l’innocence d’enfants et d’adolescents.
« Puisse le sort vous êtes favorable » : cette réplique relève de l’hypocrisie du Capitole d’espérer le meilleur pour ceux qu’ils condamnent.
Le processus des jeux passe par une phase de communication en passant par l’image des participants, entre défilé, interviews ou démonstrations. Pour ce faire, Katniss, Peeta Mellark (Josh Hutcherson), Effie Trinket (Elizabeth Banks) et Haymitch Abernathy (Woody Harrelson) vont alors organiser un scénario pour créer une dramaturgie autour des représentants du district 12. Ils vont tout comme les flammes jonchant les costumes noirs de Katniss et Peeta se démarquer. Cela va s’articuler par la fausse (?) histoire d’amour entre ces deux tributs afin de tromper les spectateurs pour favoriser leur empathie. Cependant, Katniss va, par nature et par responsabilité, défier l’oppression. Que ce soit par l’arrogance galvanisante de Katniss qui salue comme pour clore une prestation après avoir tiré une flèche dans la loge des juges ou en humiliant Snow et le Capitole en les faisant ployer face à son courage ainsi que celui de Peeta. Ces derniers n’ont pas seulement gagné ces jeux, car ils ont surtout remporté une victoire sur l’oppression en prenant cette fois le-dessus. Tout cela filmé à travers Panem aux regards de toutes et tous.

Le premier Hunger Games ouvre une saga à succès de manière convaincante. De très bons choix de casting, surtout pour la protagoniste permettant à Jennifer Lawrence d’incarner ce personnage impactant. Enfin, même si l’épilogue est plutôt rushé, la mise en place de ce premier film plante bien le décor ainsi que le début de la révolte qui commence à rassembler ses armes, sans en avoir encore réellement conscience.




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