
Pour éviter toute ressemblance avec le film d’animation éponyme d’Hayao Miyazaki : Le vent se lève (2013), prenons la traduction original du métrage de Ken Loach : The Wind that Shakes the Barley. Cette œuvre, récompensée à Cannes pour la Palme d’or en 2006, offre le premier rôle à Cillian Murphy en pleine ascension, après notamment son passage dans Batman Begins (2005) sorti l’année précédente. Qui de mieux que la future icône irlandaise : Cillian Murphy pour incarner un résistant courageux d’une fidélité sans faille pour lutter contre l’oppression anglaise en Irlande ?, sans oublier Liam Cunningham qui deviendra un acteur irlandais populaire grâce à la série Game of Thrones (2012-2019). Vous l’aurez compris, The Wind that Shakes the Barley traite donc de la Guerre d’indépendance irlandaise prenant place en 1920.
–Spoilers–
UNE REPRÉSENTATION RADICALE
Ken Loach, réalisateur britannique, va dénoncer les atrocités que les Anglais ont infligées aux Irlandais. Il va pour ce faire, user de représentations radicales de la violence. Des séquences d’humiliations, de tortures permettant de nous montrer de la haine que les anglais éprouvent à l’égard de ce peuple qui souhaite voir ses oppresseurs quitter leurs terres pour pouvoir vivre en paix. Damien (Cillian Murphy) et Liam Cunningham (Dan) comptent parmi les résistants portant leur courage à deux mains. Ils doivent, comme toute guerre l’oblige, se défendre par la violence pour pouvoir montrer leur dévouement, pour cesser cette terreur, et pour notamment envoyer un message au gouvernement afin qu’il puisse reconnaitre leur indépendance. Mais même après avoir quitté leur humanité en exécutant des hommes pour pouvoir mener leur devoir à bien, l’Irlande reste sous occupation britannique. Ce qui alourdit le désespoir des combattants, se terminant certes dans le courage, mais dans la mort de ces héros, symboles de la liberté et de l’espoir de voir un jour son peuple en paix en connaissant la liberté.
Damien ne ressent plus rien, son humanité le quitte. Son écriture est vouée à être un paradoxe : un médecin rejoignant l’IRA pour tuer. Le prix de la liberté et les conséquences de la guerre l’obligent à agir ainsi. Il va devoir, tout comme son bourreau, être intransigeant pour mener son combat, devant certes abattre ses ennemis, mais aussi exécuter les traîtres. Même Chris Reilly (John Crean) un jeune qu’il connaissait depuis son enfance va devoir être exécuté de ses mains. Cette scène est sûrement avec celle de fin la plus impactante, car nous ressentons à ce moments-là, l’intransigeance inhumaine, mais nécessaire que doivent faire ces soldats pour accomplir leur devoir.

The Wind that Shakes the Barley ne ressemble pas à un vainqueur de Palme d’or. La réalisation est simple, une colorimétrie plutôt verte accentuée par la verdure de l’Irlande, tout comme le décor, avec ces portes de la même couleur que ces vastes plaines. Un métrage plutôt conventionnel dans sa forme sans avoir quelque chose qui transcende l’écran. La Palme d’or semble donc être attribuée pour son engagement historique politique, même si cet argument est pour moi trop faible, il n’en reste pas moins un bon film, loin de là !




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